En règle générale, il est conseillé de
faire examiner son cheval tous les ans par
le dentiste équin* qui déterminera si la dentition
de votre monture demande des soins.
Il est courant de rencontrer des
chevaux qui "perdent de l'état" ou qui ne
s'alimentent plus, ou d'autres qui se mettent à "battre
la main" monté, et tout cela uniquement à cause d'un
problème de dents.
En effet, la machoire supérieure étant
naturellement plus large que la machoire inférieure,
leur usure est irrégulière. Il se crée ainsi des
pointes (les surdents) sur la face externe
des prémolaires et des molaires supérieures, ainsi
que sur la face interne de celles inférieures.
Les dents de loup peuvent également être
une source de souffrance pour le cheval. Ce sont
des prémolaires atrophiées poussant, parfois, juste
devant la première prémolaire supérieure (plus rarement
devant l'inférieure) vers l'âge de 5 à 6 mois.
Les personnes qui ont eu un jour "mal
aux dents" comprendront aisément comme cela peut-être
douloureux aussi pour nos amis les chevaux.
*Dans certaines régions c'est
le maréchal ferrant (si celui-ci a suivi une formation
particulière) qui accompli cette tache faute de dentiste équin. |
|
Devant le nombre très important de
mails que nous recevons de la part de personnes recherchant
des informations sur les formations pour devenir
dentiste équin, nous avons interrogé à ce sujet Pierre
Chuit :
Le site Cheval : "Quelles
sont les formations complétes que vous connaissez
pour devenir dentiste équin ?"
Pierre Chuit : "Dans les pays
qui me sont connus, j'exclus tout le continent asiatique,
l'Amérique du Sud, l'Antarctique, le Pôle Nord et
l'Australie - New-Zelande, selon mes modestes connaissances,
il n'existe que 2 écoles de dentisterie pour tout
le globe.
Il existe en revanche des cours,
des sessions dans beaucoup de facultés ou écoles
vétérinaires sont offertes, mais réservées à la corporation
vétérinaire.
Ces 2 écoles sont :
- The Academy of the Dentisty
de Dale JEFFREY à Glenns Ferry dans l'Idaho
:
http://www.equinedentistry.com/schools/academy_equine_dentistry/AcademyOfEquineDentistry.html
- et je crois, le E.S.A.E.
Ltd (Ecole d'ostéopathie avec modules de dentisterie)
:
Le site Cheval : "Quels
sont les débouchés et les obligations dans ce domaine
?"
Pierre Chuit : "Je pense que
de nos jours la dentisterie doit se faire dans les
meilleures conditions possibles, nos patients ont
de la valeur et s'ils n'en n'ont pas, les lois actuelles
ne font aucun distinguo quant à du travail de médiocre
qualité pratiqué par des personnes non formées et
non qualifiées qu'à du travail réalisé selon les
connaissances actuelles de l'odontostomatologie ou
dentisterie. Le client accepte mal le mauvais travail
et encore moins les fautes professionnelles.
Pour faire du bon travail, il est
impératif de connaître l'anatomie, la physiologie,
la biomécanique de la bouche, des dents, de la mastication,
de la digestion du patient sur lequel on veut intervenir,
connaître parfaitement les interventions auxquelles
nous sommes appelés, avoir les moyens d'intervenir
dans le respect de l'animal et dans le calme (tranquillisation)
et ainsi éviter l'emploi du tord-nez (peu pratique),
du tord oreille, de la chaîne sur les gencives, d'être
bien équipé, de bien connaître ses instruments et
de bien savoir s'en servir.
Le point qui distingue le "limeur
de dents" (expression employée par la cour d'Appel
de Poitiers en 1986 dans un jugement en Appel) ou "dentiste équin" d'un
vétérinaire qui s'est formé en odontostomatologie
est certes la tranquillisation, car toutes les juridictions,
que je connais, n'autorisent l'emploi de tranquillisants,
sédatifs ou autres qu'aux seuls vétérinaires.
Pour le reste, les lois sont adaptables
et malléables selon les contrées. Il faut voir l'ouvrage "Dentistes équins
et vétérinaires, quelques aspects techniques et juridiques
de leurs activités" de CHUIT P.-A., ZOGMAL A., SWISS
VET 5 (1988) N°9a, pages 15 à 28. En vous priant
de bien vouloir me pardonner de me citer, mais la
contribution du juriste, Alain Zogmal, alors secrétaire
général de la Société des Vétérinaires Suisses, est
intéressante et importante.
Dans sa thèse à l'Université René Descartes
(PARIS V) en Faculté de chirurgie dentaire, Gérald
GRAU en 1998 fait le point sur les législations en
vigueur.
De nos jours, en France comme en
Suisse, pays que je connais bien et dans lesquels
je crois connaître à peu près les lois en vigueur
ainsi que les us et coutumes, la dentisterie équine
ne devrait être pratiquée en toute légalité que par
le vétérinaire dûment formé. Loin s'en faut, je le
sais, mais il suffira d'un client fort mécontent
pour que l'on se rende compte du danger à pratiquer
illégalement un métier. Que feront les assurances
en responsabilité professionnelle alors qu'il n'y
a aucune formation reconnue, aucun diplôme ?
Loin de moi de penser qu'il y a que
le vétérinaire pour restituer une bonne dentition
aux équidés, je l'écrivais déjà dans un journal malheureusement
disparu. l'Equ'Athlon Vol. 6 n°24 (décembre 1994), édité par
le Dr. Eric BAREY), mais il faudrait accepter l'idée
d'une école, d'une formation se bouclant par un diplôme
et bien définir les actes du dentiste équin. Mais
personne ne semble avoir le courage et tous acceptent
une solution ambiguë à souhait...
En Suisse, en vertu d'une 20 aine
de lois sanitaires (26 cantons), nos vétérinaires
cantonaux (équivalent des Directeurs des Services
Vétérinaires français), octroient ou n'octroient
pas le droit de pratique aux dits dentistes. Quelle
confusion ! Quelle facilité pour un homme de loi
d'assurer la défense de son client devant tant d'imprécisions,
d'incertitude !
En résumé: je n'encourage pas cette
formation, car elle n'existe que par deux Ecoles,
et faut-il encore les faire reconnaître dans son
pays et qu'il serait judicieux d'avoir un exercice
légal de cette pratique. Je sais, de part la tradition,
c'était le maréchal ferrant qui limait les dents
par le passé, mais les temps changent, la valeur
affective et la valeur marchande de nos patients
aussi. Et puis les lois sur la protection des animaux
nous surveillent |